Née le 29 avril 1894 à Tignish, Île-du-Prince-Édouard, Alma Léonie Buote est l’enfant unique d’une famille d’enseignants et de journalistes. Son père, François-Joseph Buote, et son grand-père paternel, Gilbert Buote, mettent sur pied le seul journal francophone à l’Île-du-Prince-Édouard : L’Impartial, publié à Tignish. Ce sont des figures importantes de la Renaissance acadienne de la fin du 19e et du début du 20e siècle.
Alma Buote reçoit une éducation primaire et secondaire au village de Tignish, au couvent Notre-Dame-des-Anges; sa formation est axée sur l’art et la musique, et la jeune femme se démarque déjà. En 1916, elle se rend à Montréal pour approfondir ces sujets. De retour à Tignish, deux ans plus tard, Alma ouvre un studio d’art. Elle explore différentes techniques, passant de l’huile à la gouache. De même, elle réalise de nombreux dessins à la mine de plomb.
En 1920, Alma accompagne sa mère, Marie A. Goguen, à Trois-Rivières, où elle établit un autre studio d’art. Puis, elle collabore avec sa mère au projet qui les a menés au Québec : l’exploitation d’une ferme de renards argentés. Cette entreprise trifluvienne connaît peu de succès, ce qui explique leur retour à Tignish.
Alma effectue en 1926 un séjour temporaire aux États-Unis. L’année suivante, à 33 ans, elle part de Tignish et traverse seule la frontière de Vanceboro, au Maine, à destination de la ville de New York. En 1934, elle pétitionne le gouvernement américain pour se faire naturaliser, signalant ainsi son intention de devenir citoyenne américaine.
Plusieurs indices portent à croire qu’Alma Buote migre à New York avec l’intention de poursuivre une carrière d’artiste aux États-Unis. En 1927, au moment de traverser la frontière, elle déclare à l’agent du poste frontalier de Vanceboro qu’elle est artiste de profession et que son séjour sera d’une durée d’au moins six mois. En 1930, elle s’inscrit à la Fashion Academy de New York pour étudier le dessin de mode. La même année, elle établit son propre studio d’art et gagne sa vie comme artiste et illustratrice de mode pour des magazines. En plus, elle enseigne l’art et offre aux entreprises une variété de services de design et d’illustration.
Toujours célibataire, Alma Buote mène une vie bien remplie à New York, étant active dans des œuvres de charité catholique. Elle est aussi cofondatrice de l’organisme New eyes for the needy. Née pendant la récession des années 1930, l’agence fait la collecte de lunettes usagées et les distribue gratuitement aux indigents de New York. Alma est membre de l’Alliance française, un organisme qui parraine les liens avec la France et qui fait la promotion de la langue française aux États-Unis.
Alma Buote prend sa retraite en 1958 et s’établit à Tignish, dans la maison familiale dont elle a hérité de ses parents. Elle s’engage dans sa communauté, participe à la fondation de la Tignish Arts Foundation et rédige des articles dans des journaux anglophones et francophones de la région.
Elle s’éteint le 29 novembre 1966 à l’Hôpital d’Alberton, à l’Île-du-Prince-Édouard. Au moment de sa mort, elle est toujours célibataire et sans enfant.
